"Il vient me voir quand je le cherche au pré"
23/5/2008
"Mon cheval aime bien sortir, la preuve quand je viens le cherche au pré il vient !"
Je vais juste raconter une petite anecdote. Pour éviter à mes poneys de manger trop d'herbe au printemps, j'ai fait une petite parcelle à l'intérieur de leur pré dans laquelle je les enferme. Quelques heures par jour j'ouvre la porte et ils ont le pré en entier. Donc d'un côté une petite parcelle surpaturé et de l'autre un grand pré plein d'herbe. Devinez ce qu'ils préfèrent...

Pour les rentrer facilement, je leur ai appris un ordre vocal "on rentre" et je leur mets quelques carottes dans la petite parcelle. Au bout de deux jours ils ont compris et maintenant ils rentrent tous seuls en entendant ma voiture arriver.
Il suffit d'associer un moment agréable à votre venue et à la sortie du pré pour que n'importe quel cheval se laisse attraper sans souci et même vienne vous voir. alors pour moi ce n'est pas une preuve.
Par contre, repensez au débourrage qu'à dû vivre votre compagnon afin que vous puissiez le monter aujourd'hui et vous verrez que ce qui vous paraît aujourd'hui si naturel est très loin de l'être.
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La légèreté
13/4/2008
Je vous l'avais promis, aujourd'hui je parle de légèreté. Ah, la légèreté, vers la quelle tend tout "bon" cavalier. Celle des concours de dressage, de l'équitation américaine, de l'équitation "éthologique".
D'abord une petite définition pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle. La légèreté en équitation consiste à avoir un cheval qui répond le plus rapidement possible à la moindre sollicitation. Les demandes doivent être les plus discrètes possibles pour l'observateur. C'est elle qui donne l'impression que le cheval est en symbiose avec le cavalier, qu'il répond à la pensée.
Concrètement, comment est-elle obtenue ? Suivant la branche de l'équitation les moyens techniques différent un peu, mais le grand principe est le même partout. Il s'agit d'expliquer au cheval que s'il ne réagit pas suffisamment vite à la demande "légère" il va lui arriver quelque chose de très désagréable.
En équitation classique, c'est par exemple la fameuse "leçon de jambe" : on met le mollet au contact, si le cheval n'accélère pas franchement c'est un grand coup de cravache derrière la jambe, donc sur les côtes du cheval.
En équitation éthologique c'est le principe des "phases" : on frôle un endroit, si le cheval ne se déplace pas, on augmente d'intensité jusqu'à infliger une douleur.
En fait cette légèreté n'est pas le signe d'une grande coopération entre cheval et cavalier mais bien le signe d'une grande soumission du cheval. D'ailleurs le cheval n'a jamais son mot à dire. "La légèreté en équitation consiste à avoir un cheval qui répond le plus rapidement possible à la moindre sollicitation." Eh oui, cette complicité à laquelle on voudrait nous faire croire ne va jamais que dans un sens ! Toute initiative du cheval est bannie et considérée comme de la désobeissance. Ouvrez les yeux, l'équitation est bien une dictature quelle que soit la forme employée.
Pour ceux qui veulent aller plus loin dans cette réflexion, je recommande le site de One Voice, la partie sur le cirque : http://www.cirques.org/ et particulièrement la partie sur le dressage : http://www.cirques.org/etat_des_lieux/dressage.html .
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9 m²
24/3/2008
Aujourd'hui je ne vais pas commencer par une phrase (il faut bien changer de temps en temps) mais par une photo. Une photo qui pourrait être prise à peu près n'importe où.

Voilà . Rien de spécial. Un cheval dans un boxe. Et alors ?
Malheureusement tout est dit. Il n'y rien de spécial. Voilà comment des millions de chevaux passent leur vie. Enfermés dans un boxe de 9m², avec une fenêtre pour regarder passer les gens.
Je vais commencer par rappeler quelques faits scientifiques sur le cheval que tout amoureux du cheval connaît forcément :
- Le cheval est un animal grégaire, qui vit en groupe et a besoin de contacts avec ses congénères.
- Le cheval est une proie dont la principale défense est la fuite. Il est donc de nature peureuse et évacue son stress en courant.
- Le cheval est un herbivore non ruminant qui a un petit estomac (pour pouvoir courir vite !) et passe environ 70% de son temps à manger.
- Le cheval vit sur un grand territoire (il est bien obligé, puisqu'il vit en troupeau et se nourri d'herbe) et est donc conçu pour parcourir environ 15 à 20 km par jour, la plupart du temps au pas avec quelques temps plus rapides.
Maintenant imaginez un peu la vie de cet animal dans une boîte (boxe en anglais) de 9m². Il est enfermé, seul, avec 2 ou 3 repas par jour. Lui qui a un champ de vision de quelques 330° n'a qu'une étroite fenètre pour voir le monde.
Ses sorties, dans la plupart des cas, se résument à 1 h de travail où aucune fantaisie n'est permise, aucun contact physique avec un copain. Des fois un moment lâché dans un paddock, mais seul pour ne pas qu'il se blesse.
Le cheval qui a été enfermé 23 h d'affilée n'a qu'une envie : courir, se dépenser, se défouler. Je pense que ça se comprend ! Et le cavalier puni sa monture... Et le cheval lâché en liberté se fait un claquage pour avoir fait une galipette à froid... Et les chevaux se bottent (= se tapent) dès qu'ils sont en contact faute de n'avoir pas pu établir une hiérarchie tranquillement... Que d'accidents stupides !
Niveau maladie on n'est pas gâté. Les poumons faits pour la vie eu grand air sont agressés par les poussières du foin et de la paille, par l'ammoniac de l'urine. Les sabots croupissent dans le fumier et se décomposent. Sans parler des boîteries et coliques dont beaucoup seraient évitées par un mode de vie plus sain.
De plus un grand nombre de chevaux, incapables d'évacuer le stress contractent des stéréotypies, des tics nerveux quoi. Ils se balancent d'un antérieur sur l'autre, ils balancent la tête, ils mordent la porte, ils avalent de l'air... Et la réponse la plus courante à ces tics c'est de les empêcher ! On met une grille encore plus étroite au cheval qui se balance, on met un collier métallique à celui qui avale de l'air. Quelle torture !
Quelle justification à la vie en boxe ? Le confort du cavalier, du propriétaire. Le cheval ne veut pas être enfermé. Il n'a pas besoin d'un toit sur la tête en permanence, laissez-lui un abri et vous verrez qu'il n'y ira presque pas. Il n'a pas besoin de marcher sur de la paille. L'herbe et la terre sont bien meilleures pour ses pieds. Il a besoin : d'espace, de copains, d'eau, d'une nourriture abondante mais pas trop riche, d'un abri quand il le décide.
Alors regardez bien la première photo, réfléchissez, et maintenant regardez celle-là :

Alors, qui est le plus heureux ? Le confort de l'humain justifie-t-il tant de souffrance ?
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