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 9 m²

24/3/2008

Aujourd'hui je ne vais pas commencer par une phrase (il faut bien changer de temps en temps) mais par une photo. Une photo qui pourrait être prise à peu près n'importe où.

 

Voilà. Rien de spécial. Un cheval dans un boxe. Et alors ?

Malheureusement tout est dit. Il n'y rien de spécial. Voilà comment des millions de chevaux passent leur vie. Enfermés dans un boxe de 9m², avec une fenêtre pour regarder passer les gens.  

Je vais commencer par rappeler quelques faits scientifiques sur le cheval que tout amoureux du cheval connaît forcément :

  • Le cheval est un animal grégaire, qui vit en groupe et a besoin de contacts avec ses congénères.
  • Le cheval est une proie dont la principale défense est la fuite. Il est donc de nature peureuse et évacue son stress en courant.
  • Le cheval est un herbivore non ruminant qui a un petit estomac (pour pouvoir courir vite !) et passe environ 70% de son temps à manger.
  • Le cheval vit sur un grand territoire (il est bien obligé, puisqu'il vit en troupeau et se nourri d'herbe) et est donc conçu pour parcourir environ 15 à 20 km par jour, la plupart du temps au pas avec quelques temps plus rapides.

Maintenant imaginez un peu la vie de cet animal dans une boîte (boxe en anglais) de 9m². Il est enfermé, seul, avec 2 ou 3 repas par jour. Lui qui a un champ de vision de quelques 330° n'a qu'une étroite fenètre pour voir le monde.

Ses sorties, dans la plupart des cas, se résument à 1 h de travail où aucune fantaisie n'est permise, aucun contact physique avec un copain. Des fois un moment lâché dans un paddock, mais seul pour ne pas qu'il se blesse.

Le cheval qui a été enfermé 23 h d'affilée n'a qu'une envie : courir, se dépenser, se défouler. Je pense que ça se comprend ! Et le cavalier puni sa monture... Et le cheval lâché en liberté se fait un claquage pour avoir fait une galipette à froid... Et les chevaux se bottent (= se tapent) dès qu'ils sont en contact faute de n'avoir pas pu établir une hiérarchie tranquillement... Que d'accidents stupides !

Niveau maladie on n'est pas gâté. Les poumons faits pour la vie eu grand air sont agressés par les poussières du foin et de la paille, par l'ammoniac de l'urine. Les sabots croupissent dans le fumier et se décomposent. Sans parler des boîteries et coliques dont beaucoup seraient évitées par un mode de vie plus sain. 

De plus un grand nombre de chevaux, incapables d'évacuer le stress contractent des stéréotypies, des tics nerveux quoi. Ils se balancent d'un antérieur sur l'autre, ils balancent la tête, ils mordent la porte, ils avalent de l'air... Et la réponse la plus courante à ces tics c'est de les empêcher ! On met une grille encore plus étroite au cheval qui se balance, on met un collier métallique à celui qui avale de l'air. Quelle torture !

Quelle justification à la vie en boxe ? Le confort du cavalier, du propriétaire. Le cheval ne veut pas être enfermé. Il n'a pas besoin d'un toit sur la tête en permanence, laissez-lui un abri et vous verrez qu'il n'y ira presque pas. Il n'a pas besoin de marcher sur de la paille. L'herbe et la terre sont bien meilleures pour ses pieds. Il a besoin : d'espace, de copains, d'eau, d'une nourriture abondante mais pas trop riche, d'un abri quand il le décide.

Alors regardez bien la première photo, réfléchissez, et maintenant regardez celle-là :

 

Alors, qui est le plus heureux ? Le confort de l'humain justifie-t-il tant de souffrance ?

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Catégorie : Refuser l'équitation

 Quelle embouchure choisir ?

15/3/2008

Je continue dans les petites phrases qu'on entend souvent : "Quelle embouchure choisir pour mon cheval ?"

En général cette simple question suscite des tonnes de commentaires, discussions, avis...

 

D'un côté, il y a les pros de la torture qui connaissent par coeur toutes les douleurs infilgées par chacun des mors et les diverses façons utilisées par le cheval pour s'y soustraire. Tel mors fera lever la tête, baisser le nez, machouiller, baver. Tel autre doit être porté avec une muserolle pour éviter au cheval de s'y soustraire. Celui-là est plus à la mode.

De l'autre côté, il y a ceux qui ont lu les derniers articles en matière d'équitation "naturelle" et qui s'insurgent à la pensée de mettre quoi que ce soit dans la bouche de leur cheval. "Le pauvre !". Alors on discute des meilleures façons de contrôler le cheval en lui infligeant une douleur ailleurs : sur le chanfrein la plupart du temps, le cartilage nasal, le nerf mandibulaire. On sert, on pince, on secoue, on met des noeuds là où ça fait mal.

Et quand un cavalier, par des méthodes qui me laissent sceptiques et dont je discuterai plus tard, arrive à monter son cheval tête nue tous les adorateurs des méthodes douces, peut-être jaloux, font volte-face en argumentant que ce n'est pas sécuritaire, qu'on ne sait jamais ce que le cheval pourrait faire et qu'on a aucun moyen de s'imposer.

 

En fait dans toutes les discussions sur les "embouchures" (qu'il s'agisse de mors, hackamore, licol ou autres) que j'ai pu lire ou écouter, on retrouve un dilemme entre la douceur, le confort du cheval et la nécessité de se faire obéir qu'on appelle aussi parfois légereté en équitation. Tiens il faudra que je fasse un article sur la légereté un de ces jours ! En résumé pour les néophytes, il faut quelque chose qui ne fasse pas mal pour avoir sa conscience tranquille, tout en ayant quand même le moyen de contraindre un animal de 500 kg. Pom pom pom... je vous laisse réfléchir... 

Et oui, voilà tout le paradoxe de l'équitation de notre pays dans notre siècle. Des milliers d'amoureux(ses) des animaux en général et des chevaux en particulier ont envie de vivre une osmose parfaite entre le cheval et le cavalier tout en restant parfaitement maître de leur monture.

Il faudrait peut-être se décider. Maître ou partenaire ?  Esclavagiste ou égal ? On ne peut pas être les deux à la fois !

 

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Catégorie : Refuser l'équitation

 Entre un coup de cravache pour réveiller et un coup de cravache par colère, y'a une différence !

13/3/2008

Mon premier article sur ce blog. Par quoi commencer ? Tellement de choses se bousculent dans ma tête en ce moment ! Bon, je choisis cette petite phrase qui me sert de titre (c'est bien pratique !) "Entre un coup de cravache pour réveiller et un coup de cravache par colère, y'a une différence !".

Voilà une phrase que l'on pourrait entendre de la bouche de quasiment tous les cavaliers bien intentionnés. Un cavalier qui frappe son cheval à l'issue d'un concours parce qu'il a fait tomber une barre, quelle horreur ! Par contre un coup de cravache judicieusement asséné pour redonner de la vigueur à un cheval endormi ça c'est de l'équitation. On pourrait même dire que c'est de l'équitation de finesse et de légèreté quand le-dit coup de cravache remplace des jambes serrées en permanence ou vingt coups de talon.

"Entre un coup de cravache pour réveiller et un coup de cravache par colère, y'a une différence !"... Mais quelle différence pour le cheval ?

Le cavalier qui a besoin de réveiller son cheval s'est-il jamais demandé pourquoi sa monture "dormait" ? C'est peut-être l'heure de sa sieste, ou bien il est fatigué du travail de la veille, il s'ennuie, il est déconcentré. L'une ou l'autre de ces raisons justifient-elle un coup ? Ce n'est pas très logique. Je suis plutôt d'avis que si c'est l'heure de la sieste, il faut respecter son rythme et revenir plus tard, s'il est fatigué de la veille il faut lui accorder du repos, s'il s'ennuie il faut lui procurer une activité plus intéressante, s'il est déconcentré il faut lui accorder une pause.

Le cheval n'a pas demandé à naître, il n'a pas demandé à être notre propriété ou à être un animal domestique. Nous sommes responsables de lui comme de l'enfant que nous faisons naître. Respectons-le.

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Catégorie : Refuser l'équitation
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